Le numérique à l’ère de la mondialisation

Comme dans la cour d'école où se partagent et s'échangent les valeurs et les coups, la mondialisation suggère, propose, impose ses modèles par acceptation, indifférence ou refus.

Car c'est à l'échelle mondiale et pas seulement dans notre pré carré aquitain, français, francophone que se joue la partie. La cour d'école devient vaste ! L'économie et les échanges, les frontières et les identités, les savoirs et les imaginaires, la santé et la sécurité, la liberté et le travail sont « obligés » de s'adapter.


Pourquoi ?

 

Les jeux vidéo rapportent plus d'argent que le cinéma. La guerre mondiale des droits de diffusion des films et des retransmissions sportives ne se déroule plus seulement pour les salles de cinéma et les télévisions mais pour Internet et surtout pour les téléphones portables.

Le haut débit s'installe dans les foyers, où, de plus en plus, le très haut débit est envisagé. L'hôpital, le médecin, le super marché, le bureau, l'école, la banque entrent dans la maison.

Il s'agit de transferts permettant la vie, le travail, la culture, l'éducation, le rêve à distance. Le sans fil et la simplicité de maniement des « terminaux nomades », autonomisent les individus néanmoins toujours en connexion avec leur famille, leur tribu et leurs référents culturels.

Les étiquettes « communicantes RFID » accélèrent la connexion « immatérielle » entre les objets et les humains.

Ces « tag » discrets sont les symboles de cette civilisation qui libère mais contrôle, qui ouvre les frontières mais repère, qui offre mais oblige. Avec les comportements consuméristes de nos concitoyens, les « faiseurs de sociétés » offrent, avec leurs machines, leurs programmes, leurs services une société qui utilise de plus en plus l'immatériel comme marqueur de la modernité.

Un monde en mouvement

« L'ère des migrations, contraintes ou choisies n'engendre-t-elle pas conflits et replis ?

Il faut pourtant nous mettre en position de penser une nouvelle ère de métissages.
La technologie sera envahissante. Sera-t-elle maîtrisée ? Nous serons davantage protégés mais davantage surveillés, par le policier, le médecin, le marchand. Notre liberté sera aussi de nous déconnecter, de nous protéger.


La relation entre les personnes, les idées et les « cœurs »sera-t-elle amplifiée ?

Il nous faut étudier et envisager, avec sérieux, les évolutions de nos identités, avec toutes ses dimensions. L'extension réciproque du virtuel et du réel est programmée. Nous pouvons créer et gérer des entreprises, et déjà créer à distance des objets par de nouvelles imprimantes. « L'homme symbiotique » de Joël de Rosnay n'est plus un leurre. Le corps se réinvestit, se transforme et transforme son environnement. »

Les fractures et les différences ne s'accumulent-elles pas ?

Elles sont d'ordre générationnel, territorial, économique. La gestion de ces fractures est une priorité.

Ne devons-nous pas nous donner une nouvelle façon de s'approprier l'avenir ?

 

Il nous faut autant réfléchir aux changements dans nos manières de penser qu'intégrer les contenus des grandes tendances à venir. Il faut avoir la capacité de partager l'expérience et d'intégrer les connaissances et les idées d'une façon plus rapide, plus large et plus profonde.

 

Traiter du numérique sans le situer dans les enjeux lourds de nos sociétés n'a pas de sens.

 

Comment l'Education peut-elle répondre à ces évolutions ?

 

Etablir les nouveaux lieux du savoir et de la recherche entre les universités, les entreprises innovantes les acteurs du numérique.

Reconstruire de nouveaux équilibres entre les décideurs d'aujourd'hui, responsables des collectivités locales, responsables des établissements publics d'éducation, responsables syndicaux.

Mettre en place une stratégie de communication pour permettre le changement, expliquer, rassurer, accompagner par des services et des formations.

Faciliter des stratégies d'alliances entre les médiateurs, éducateurs, élus, journalistes, associations, bref tous les relais de la société civile.

Marcel DESVERGNE,
Président Aquitaine Europe Communication, Vice-président de l'An@é

 

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