Construire la démocratie, cela consiste en quoi?
Est-ce qu’on n’est pas tombé sur la tête de vouloir, sans préparation vraie, que des enfants qui sont issus d’une culture où la culture de la représentation démocratique n’existe pas, donnent du sens à la démocratie ? C’est là un beau paradoxe fondamental de notre système.
Un système en rupture de sens :
Le métier d’enseignant est plutôt de gérer des situations de rupture de sens que d’assurer un fonctionnement, malgré le niveau de moyens dont on dispose. Comment faire ? Il y a 2 stratégies. Dans la longueur, dans le long terme, c’est la reconstruction du sens, et dans le quotidien et le court terme, c’est la médiation.
La relation avec les familles :
Les familles ne votent pas, il faut se battre pour avoir au collège un représentant des familles. Ils ne viennent à l’école que quand l’élève a fait une bêtise, donc il faut inventer autre chose. Il n’y a pas qu’un problème de langue. Comment reconstruire une médiation. C’est un travail dans le long terme (avec les familles) et le court terme (travail avec les partenaires de l’école) C’est par le quartier et l’environnement qu’on peut reconstruire, avec l’aide de certains parents qui font tâche d’huile parce qu’ils sont plus à l’aise que d’autres dans leur réalité sociale. « On a formé les enseignants pour être dermatologues et ils sont médecins du SAMU. »
On a un système en rupture de sens au niveau des enseignants. Il y a dans certains collèges un turn over de 30 à 40% par an, 20% des professeurs sont non titulaires parce que ces postes sont peu
demandés. Sur certains établissements on atteint des chiffres inquiétants. Ce qui ne veut pas dire que ces gens ne font pas bien leur métier. Ils s’impliquent énormément. Mais comment on les
accompagne ? Comment on met en place des stratégies pour aider ces collègues ?
Il y a une réalité de représentation du métier. « On les a formés pour être dermatologues et ils sont médecins du SAMU. »
Christian RAVET,
principal de collège
(Actes An@é)


