L'An@é

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Un colloque annuel : Au doigt & à l'oeil, Savoirs en tête, le 12/12/2012 

 

Un site coopératif de veille et ressources: acteurs-ecoles.fr

Un site collaboratif, un média citoyen pour l'éducation : Educavox.fr

 

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Rédacteur EducaVox

 

 


ENTRE RETROSPECTIVE ET VOEUX

Se faire plaisir


Entre les rétrospectives obligées 2010 et les vœux 2011 obligatoires, il n’est pas simple de se poser et d’envisager les années  à venir autour de l’Education et de notre association An@é.

 

Parlons, d’abord, un peu, de nous.


En décembre nous nous sommes réunis en assemblée générale, nous permettant de solder 2009, presque 2010 et d’aborder les années futures avec l’enthousiasme d’adolescents de 14 ans.

 

En effet l’An@é est née en 1996.

Sa toute petite jeunesse fut autonome avec des rencontres autour de l’arrivée du numérique  à l’école, sa fréquentation avec feu l’Université d’été de la communication à Carcans-Maubuisson puis à Hourtin, l’amena à se focaliser entièrement sur les « TIC » de l’époque. Ses dix ans se fêtèrent au concile des Entretiens des Civilisations numériques. Elle y eut une idée partagée par plusieurs de ses compagnons. Nous y reviendrons.

Pendant quelques mois elle eut le blues des 12 ans, ses parents prirent leur retraite mais  comme le phénix, elle se réveilla sur la planète contemporaine en ébullition, de l’Education.

Elle représente assez bien l’archétype de la génération Y, celle qui s’est construite en phase avec le numérique et a passé des alliances avec les migrants digitaux, ceux venus du livre et de la télévision. Elle arrive aux affaires et n’entend pas disparaitre.

Déjà elle anime quotidiennement le site  www.acteurs-ecoles.fr

 

A l’écoute, à l’affut, à la lecture, au décryptage  de l’actualité elle produit et éditorialise les soubresauts et les anticipations d’un sujet essentiel, culturel, social et politique, l’Ecole, de la maternelle à l’université.

En novembre dernier avec plusieurs partenaires elle s’est intéressée à l’éducation à l’aune des écrans et des démarches pédagogiques, au doigt et à l’œil. Des vidéos sont disponibles sur le site.

Il semble bien qu’en décembre 2011 une deuxième édition se prépare. D’ailleurs, ayant augmenté son conseil d’administration de douze administrateurs elle a aussi crée son conseil scientifique avec déjà quinze personnalités. Se donner ainsi des moyens humains et intellectuels  ce n’est pas pour végéter.

 

Une nouvelle preuve : EducaVox, paroles d’éducation

 

Il faut dire que la création d’un site collaboratif intitulé « EducaVox, paroles d’éducation » n’est ni innocent, ni banal mais preuve d’esprit offensif.

Pensé fin  2007,  comme un des sept défis formulés par l’assemblée plénière  des Entretiens des Civilisations numériques, il a fallu de la conviction, de la volonté, des démarches d’appropriation collective pour associer huit fondateurs, sept premiers contributeurs et quelques dix  auteurs initiaux pour concevoir ce nouveau site collaboratif, frère d’Agoravox.

Ainsi  le 19 janvier prochain, Michelle Laurissergues, notre présidente, Joël de Rosnay, Conseiller de la Présidente d’universcience Claudie Haigneré, en sa présence, comme le député belge André Gilles et Philippe Dorthe du Conseil Régional d’Aquitaine ouvriront,  officiellement,  ce site.

Sa présentation est faite ailleurs sur le site de l’An@é, mais sa force est dans la mise en débat partagé de l’Education d’aujourd’hui face aux évolutions du monde.

Car,  à lire, à regarder, à écouter, à participer aux  médias, l’Ecole est bien au centre de notre société.

 

L’Ecole et la société


Ce jour, par exemple, il est facile de mettre en perspective deux informations parues dans la presse qui paraissent antinomiques et sont pourtant en phase, certes géographiquement éloignées. Il s’agit du chiffre des postes d’enseignants non renouvelés  à la rentrée scolaire de septembre 2011, en France et la création, en Corée du sud,  de robots mis à la place des enseignants pour l’apprentissage des langues.

Il est tout aussi impératif de prendre conscience de la baisse surprenante du nombre de candidats et de candidates au concours d’entrée dans les IUFM ainsi que du glissement de parents souhaitant mettre leurs enfants à l’école privée.

 

Il est toujours surprenant, alors que de nombreuses classes d’écoles, de collèges, de lycées s’équipent d’environnement numériques et que des efforts sont faits pour accompagner les enseignants à utiliser ces techniques, sans remettre en cause leur statuts, que certains intellectuels et politiques en soient encore à nier l’impact et les ressources de notre environnement numérique.

 

Non qu’il faille être naïf devant cet état de fait, mais qu’au contraire nous devons envisager une stratégie lucide pour utiliser au mieux des outils structurants créant, comme toujours, des fractures dans l’enseignement.

Il m’arrive d’être étonné de notre approche territoriale française éliminant, dans les discours et les faits, les réalités des transformations dues à  la mondialisation ou tout au moins en n’en gardant que les conséquences négatives. Un abord plus rigoureux et offensif nous permettrait de rester acteur des évolutions.

 

Sans doute, la guerre pour survivre, entre médias, explique, sauf exception, cet effacement de conscience.   


C’est l’étonnant paradoxe entre les indiscutables conséquences d’un hiver où il fait froid, la pluie se transforme en verglas, il neige fort et les médias, tous, traitant longuement  des dysfonctionnements en donnant la parole pour accuser, ne formulent  la moindre analyse mettant en perspective services publics, choix privés et attitudes civiques.

 

Il est vrai que l’évolution des services publics est un des critères de notre société de ce nouveau siècle. Il n’y a pas que le numérique qui change la donne ! La gestion par exemple des organismes outils d’éducation bouge. La superposition  choisie il y a plusieurs années des tranches écoles, collèges, lycées, universités avec communes, départements, régions et Etat oblige aujourd’hui à  clarifier et à retrouver des axes cohérents. Le travail mené aujourd’hui autour des regroupements d’universités et de campus numérique a du sens.

 

Il faudra bien traiter des moyens en adéquation avec les objectifs de l’enseignement et de la formation professionnelle. Imaginer que finances et postes vont se multiplier dans un contexte difficile peut laisser des  doutes mais qualité et efficacité doivent être prises en compte.

 

Je suis objectivement confiant dans les capacités d’une société à se renouveler si les inégalités et les rejets sont repoussés. Nous sommes dans une décennie nous menant jusqu’en 2020. Le creuset de l’Education est tout autant chaud bouillant.

 

L’An@é y participe avec conviction. Au fait… Bonne Année !


Marcel Desvergne

Marcel.desvergne@aecom.org

Vice - président An@é