L’ACTUALITÉ

Les limites des situations d’urgence

Dans ce mois de mai, nous avons choisi d’attendre, d’observer les pratiques, les perceptions, les initiatives, de suivre cette frénésie addictive médiatique…comme beaucoup d’entre nous. Aujourd’hui nous posons quelques questions à des acteurs qui ont déployé avec énergie et détermination, innovation et actions, et ont pris conscience des limites des dispositifs à mettre en œuvre lorsqu'ils sont imposés par l’urgence. Tous ont dit leurs désirs de co-construire…Voici des extraits choisis des premiers témoignages.

 

Une sensation d’essoufflement ressentie aussi bien du côté des familles que des enseignants.

 

Sylvie Storti, PEMF Professeur en école maternelle, Enseignant Référent aux Usages du Numérique : Après les vacances de printemps, moins de retours des parents, moins de renvois du travail des élèves…. C’est humain, la classe à distance, personne ne l’avait expérimenté et encore moins sur une période aussi longue.

 

Pendant les vacances de printemps, les enseignants volontaires ont été également sollicités sur une semaine pour assurer le soutien scolaire (sous quelles modalités) uniquement à distance pour leurs élèves et d’autres élèves dont ils ne connaissaient pas exactement le niveau de compétences.

Au retour des vacances, le Ministre nous informe que nous devons être très vite prêts pour la réouverture des écoles (accueil des enfants du personnel prioritaire en respectant le protocole sanitaire, pour information, 63 pages).

Dans l’urgence, les enseignants se sont concertés (en lien avec les Mairies) pour être prêts en temps voulu. Questionnement, fatigue, angoisse, appréhension…. Tout s’est mélangé mais encore une fois, les directeurs et les enseignants ont fait face.

Premier jour de reprise, nous voilà revenus dans l’école pour accueillir les élèves dits prioritaires (que devons-nous faire ? de l’enseignement ? de la garderie ?)

2 enseignants pour 10 élèves, nous nous appliquons pour réaliser chaque jour un programme complet souvent pour un triple niveau PS/MS/GS, pour des élèves de notre école et d’autres écoles maternelles de la ville. On s’adapte, on se concerte et on assure.

Pendant ce temps, les enseignants sont invités à poursuivre la continuité pédagogique pour ceux qui restent à la maison mais dont un des deux parents a repris le chemin du travail. Difficile dans ces conditions pour certains parents de continuer à faire travailler leur enfant. Certains s’en excusent et nous demandent un délai plus long pour rendre le travail. Nous devons donc les rassurer et leur témoigner de notre compréhension (bien légitime).

La reprise pour tous les élèves s’approchant, nous anticipons pour être moins pris au dépourvu comme au début du confinement ; nous demandons à chaque famille de nous informer si leur enfant reprendra le chemin de l’école (PS/MS/GS) afin de pouvoir constituer des groupes (avec le respect du nombre d’élèves par groupe incluant également les enfants prioritaires). Un calcul… un vrai casse-tête pour les directeurs et les enseignants. Comment s’y retrouver dans ce flot d’informations ?

 

Nous serons prêts mais à quel prix !

Nous éprouvons un méli-mélo de sentiments et d’émotions : épuisement, lassitude, frustration, satisfaction d’avoir fait notre travail mais de ne pas avoir pu aller au bout de notre travail, ne plus se sentir vraiment enseignant à certains moments …

Sylvie Storti, PEMF Professeur en école maternelle, Enseignant Référent aux Usages du Numérique (ERUN) en Lot-et-Garonne

https://www.educavox.fr/accueil/breves/comment-allons-nous-finir-l-annee-prenons-des-nouvelles-des-enseignants-confines-et-surinvestis

La communauté éducative a vite réagi, avec ses possibilités et ses disparités selon les territoires.

 

Caroline Levacher, directrice Atelier Canopé 47 : Même si les institutions arguaient d’une préparation du terrain à réagir à cette nouvelle modalité de travail, dans les faits c’était tout différent.

 

Pour cela, il faut réunir un certain nombre de choses :

Avoir un réseau Internet suffisant qui permettent aux enseignants de contacter les élèves facilement, avoir un ordinateur équipé des logiciels et des Anti-virus corrects, savoir se servir de ces outils, choisir des logiciels en ligne pour travailler auprès des élèves, programmer rapidement et en concertation avec les équipes des établissements le travail à partager aux familles, être capable en un temps très rapide d’utiliser le Numérique pour l’éducation au quotidien, alors que pour un grand nombre d’enseignants, tous ces objectifs n’étaient pas faciles à atteindre en un temps record, puisque pas obligatoires avant…

L’urgence des réseaux internet est fondamentale. On a mis en évidence que certains territoires ne pouvaient pas accéder aux différentes plateformes proposées lors de la période de confinement, car les couvertures sont encore moyennes dans certains territoires.

La capacité des plateformes à supporter les connexions est aussi un point important à travailler. On a vu un gros problème au début du confinement car toutes les plateformes tombaient les unes derrière les autres du fait d’un trop grand nombre de connexions.

Enfin, l’organisation du travail au sein d’une équipe d’établissement est essentielle. En effet, on n’est jamais un enseignant seul face à des élèves, mais bien un enseignant au sein d’un établissement.

 

Cette période a montré la nécessité d’établir correctement un projet d’établissement et de définir très clairement un plan d’actions, ou l’enseignant est le principal maillon. Le confinement a montré avec une grande intensité que les relations humaines sont indispensables et que le numérique n’est bien qu’un dispositif pour faciliter ces relations.

Caroline Levacher, Directrice de L’atelier Canopé 47 Agen

https://www.educavox.fr/accueil/interviews/dans-un-atelier-canope-une-periode-tres-eprouvante-mais-aussi-tres-riche

Prendre conscience des limites des approches en situation d’extrême urgence, co-construire la nouveauté...

 

Vincent Liquète, Professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bordeaux (INSPE) : Je pense que nombre d’entre nous sommes dans un sentiment mitigé :  L’importance fondamentale que constitue la santé individuelle, publique, nos proches, notamment les plus vulnérables, et parallèlement, comment le monde s’est « arrêté » de fonctionner par le confinement, la mise en œuvre de systèmes robustes de contrôle des libertés (déplacements, première traçabilité d’individus porteurs du Covid-19…), l’hyper-couverture médiatique notamment en Occident où plus rien d’autres n’existait au fil de ces semaines.

 

Cette surmédiatisation nous a montré comment les médias deviennent des « machines de vision » du monde, des petites lucarnes nous enfermant et réduisant la diversité et la multiplicité des questions qui constituent le monde.

 

Finalement, le socle de nos sociétés démocratiques fondé sur le contrat social, a basculé en quelques jours, sur un contrat vital/sanitaire, avec un État garant de tout, omettant au passage de nous informer sur la réalité de notre situation en termes de moyens notamment (masques disponibles, capacité de recevoir les patients en situation d’urgence, etc.). J’y ai vu durant ces quelques semaines des paradoxes rarement égalés...

 

L’idée principale que je retiendrai de cette période, c’est l’importance pour chacun de nous de communiquer, d’échanger, de partager des moments en commun, que ce soit au travail, à l’école, avec ses proches, etc.

Deux priorités fondamentales dans les sphères scolaires et universitaires.

Premièrement, que tout enseignant, que tout responsable pédagogique s’assure avant de mettre en œuvre une situation de travail centrée numérique, que chaque élève/étudiant ait les conditions matérielles et techniques de pouvoir les réaliser sans avoir à mettre en œuvre de multiples stratégies pour y parvenir. Lorsque pour quelques-uns d’entre eux, les conditions n’y sont pas, ne pas hésiter à dédoubler l’initiative, à la réorienter voire à renoncer. En se souvenant bien qu’au cœur de l’enseignement, se trouve la relation à l’Autre, la communication et l’attention à chacun.

Deuxièmement, il est essentiel, voire effectivement urgent, de mettre l’information, les médias, et plus largement, les questions de circulation des savoirs et des industries de la connaissance au cœur de l’enseignement.

Faut-il en faire une nouvelle discipline, imaginer de nouveaux dispositifs, etc… c’est une question de priorité politique et de gestion, mais fondamentalement, tout élève puis étudiant doit progressivement au cours de son cursus être en situation de lecture critique et compréhensive du monde qui l’entoure.

Penser que l’on trouverait l’alternative par le distanciel figerait tout autant l’organisation du travail scolaire, pire encore, en augmentant les points aveugles liés aux difficultés de l’élève.

Il s’agit dès lors, de penser le métier d’élève et l’évolution évidente du monde.

Essentiellement en créant des espaces de travail collectifs, des espaces d’analyse des médias de masses, des espaces de vie et d’échange au sein des écoles, et en revoyant le temps scolaire entre cours, activités résolutives de tâches, activités de productions, activités d’échange, sans pour autant mettre les élèves à distance ou chez eux. Car, selon moi, mettre les élèves à distance serait le meilleur moyen de renforcer les inégalités sociales dont nous parlions plus tôt. Nous devrions plus nous inspirer des démarches menés ailleurs, au sein de l’école inclusive, de systèmes éducatifs européens etc.

Mais transformer obligera chaque enseignant à céder un peu de son domaine pour construire de la nouveauté avec les autres et surtout les autres disciplines. Ce changement d’échelle obligerait également à revoir les conditions de recrutement et de formation initiale des enseignants.

Vincent Liquète, Professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bordeaux (INSPE)

https://www.educavox.fr/alaune/prendre-conscience-collectivement-des-limites-des-approches-en-situation-d-extreme-urgence-et-co-construire-la-nouveaute-changer-d-echelle

La crise sanitaire lié au coronavirus a démontré la réalité de l’importance des acteurs de terrain tant dans le domaine de la santé, que dans la vie collective et sociale. 

 

Alain Jeannel, Professeur des universités : "Des études contradictoires démontrent que le lieu de la décision dans le domaine de l’enseignement et de l’éducation n’est pas dans les études universitaires devenues des doctrines ou dans les cabinets ministériels mais bien sur le terrain. La responsabilité des bureaux d’étude et des cabinets ministériels est d’aider ces acteurs de terrain à formaliser leur prise de décision qui leur permet de mener à bien leur travail et de mettre à leur disposition la documentation et les personnes ressources répondant à leur attente et nécessaires à une attitude critique qui les rend juges de leurs actions quotidiennes."

Michelle Laurissergues

Responsable éditoriale www.educavox.fr

 

Les sélections


Confinement & num.

Formation

Vivre ensemble


Comment un petit virus agressif change le monde

 

Pour cet édito du 1er mai 2020, je vous propose une suite d’extraits qui en disent beaucoup sur l’inquiétude mais également sur le sérieux et la créativité de toute la communauté éducative. Ce que personne n’avait pu changer radicalement pendant des années, un petit virus invisible et particulièrement agressif est arrivé à accélérer de nombreuses réflexions et innovations... Souhaitons que nous sortions de ces épreuves et que les véritables urgences vitales de notre monde deviennent des priorités…

 

Et si cette période de confinement donnait un coup de fouet au numérique ?

 

Sylvie Storti : On peut voir combien le numérique permet de conserver le lien entre l’école et les familles. Je dirai même que cette phase de confinement va changer les habitudes et générer de nouvelles façons de travailler. Au vu des messages envoyés par les parents, ils se rendent compte du travail structuré diffusé par les enseignant(e)s de maternelle. Les idées ne manquent pas et le suivi est sérieux.

 https://www.educavox.fr/innovation/dispositifs/et-si-cette-periode-de-confinement-donnait-un-coup-de-fouet-au-numerique

Parents et enseignants plus proches et pourtant chacun chez soi !

https://www.educavox.fr/innovation/dispositifs/plus-proches-et-pourtant-chacun-chez-soi

Sylvie Storti : Finalement au bout de ces 5 semaines, enseignants, parents et élèves ont trouvé leur rythme et ont accompagné au mieux leurs enfants.

https://www.educavox.fr/formation/pratiques/au-bout-du-confinement-vers-une-ecole-differente-beaucoup-de-questions-en-suspens

Céline Coulpier, enseignante en primaire dans l'académie de Versailles : son enseignement en temps de confinement. 

Interview réalisé par Jennifer Elbaz : https://www.educavox.fr/accueil/interviews/et-la-distance-dans-tout-ca

Paroles d'élèves confinés

 

Zélie est élève de CE2 ; Elio et Enora sont collégiens en troisième ; Jules et Bastien sont en cinquième. Ils sont dans quatre établissements différents de Toulouse et sa banlieue. Comme tous leurs camarades, ils sont confinés, c’est-à-dire maintenus à la maison. Ils ne vont plus à l’école ou au collège : c’est l’école qui vient à eux depuis quinze jours déjà et jusqu’à la fin des vacances de printemps, toutes zones confondues…au moins. Mais ils ne sont pas en vacances, pas plus que leurs enseignants et Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale a défini pour eux le concept de continuité pédagogique.

Jacques Puyou: https://www.educavox.fr/accueil/interviews/paroles-d-eleves-confines

Comment accompagner l’élève dans son autonomie, comment maintenir son engagement sur du long terme ?

 

Sabrina Caliaros, Dane, Académie de Montpellier : Nous apprenons au fur et à mesure que nous avançons comme nous l’avons décrit, à présent nous pensons cohérence et stabilisation après la phase d’urgence. Il s’agit bien de réfléchir avec les enseignants et les corps d’inspection aux scénarios d’apprentissage avec des objectifs précis, des tâches associées qui soient réalisables à distance sans surcharge cognitive et surtout avec un dispositif de régulation pour suivre les besoins des élèves.

Il s’agit bien d’autonomie des élèves puisque l’apprentissage à distance sollicite de nouvelles formes d’interaction avec les contenus proposés et les tâches associées.

https://www.educavox.fr/accueil/interviews/sabrina-caliaros-comment-accompagner-l-eleve-dans-son-autonomie-comment-maintenir-son-engagement-sur-du-long-terme

La formation à distance, ça marche !

 

Gilles Le Page : Le confinement lié au Covid19 pousse de nombreux organismes de formation à trouver du jour au lendemain des solutions en ligne pour assurer les cours et les formations. La mise en place est souvent désordonnée, sans stratégie définie, et sans compétence sur la pédagogie de la formation à distance.

Cet article vise à partager quelques suggestions issues de l’expérience.

https://www.educavox.fr/innovation/dispositifs/la-formation-a-distance-ca-marche

Et si nous passions de la continuité pédagogique à la continuité éducative ?

 

Michel Pérez : Entre l’école et la maison il manque un lien que les enseignants s’efforcent de maintenir avec les faibles moyens numériques (le plus souvent personnels, qu’ils passent ou non ensuite par un ENT – Espace numérique de travail) dont ils disposent et que les parents s’évertuent à reconstruire en des efforts surhumains et parfois désespérés, tant il est vrai que l’on ne s’improvise pas enseignant, car la pédagogie est un vrai métier.

Force est de constater que ces dispositifs « officiels » ne suffisent pas, car ils se heurtent aux limites  des outils numériques disponibles censés prendre le relai : absence ou insuffisance d’équipement des familles, parfois nombreuses autour d’un unique ordinateur (l’inégalité sociale encore!), recours des enseignants à leur équipement personnel, pas toujours de dernière génération, fragilité des réseaux, saturation des plateformes inutilisables pendant tout le temps nécessaire à aller au bout d’une activité, absence de médiation d’un enseignant et parfois même, activités mal adaptées à un travail solitaire à distance et à l’âge des enfants.

 

On se heurte aujourd’hui à la dure réalité de l’incapacité de l’école à « passer au numérique ».

Le numérique, pour toutes les raisons techniques et pédagogiques que nous venons d’indiquer, ne permet pas d’assurer la « continuité pédagogique » dans les conditions actuelles et nous dirons même dans l’absolu dans le cas d’une rupture durable du lien entre l’école et les apprenants.

https://www.educavox.fr/accueil/debats/a-l-heure-du-covid-19-passons-de-la-continuite-pedagogique-a-la-continuite-educative

La science est là

 

Face à l’épidémie, la science est aux avant-postes. Dans cette période de confinement, la culture scientifique doit aller à la rencontre de tous. C'est pourquoi le Palais de la découverte lance le programme "la science est là". Une offre numérique qui propose de nouveaux rendez-vous et vient renforcer l'offre en ligne.

https://www.educavox.fr/accueil/breves/la-science-est-la-au-palais-de-la-decouverte

Fausses informations, perte de données, la période est plus que propice…

 

Quelques indices pour repérer de fausses informations ou le journal d'un enquêteur confiné

Jean-François Cauche : Certains commencent à trouver le temps long mais les fausses informations sur les réseaux sociaux sont de plus en plus énormes. C'est simple : plus c’est gros, plus ça passe...

Et sincèrement ce n'est pas le moment. Période difficile pour toutes et tous. De nombreuses belles initiatives ont vu le jour. Il faut garder le moral et les fausses informations s'ingénient à vous le renvoyer au fond des chaussettes.

https://www.educavox.fr/accueil/debats/quelques-indices-pour-reperer-de-fausses-informations-ou-le-journal-d-un-enqueteur-confine

Les conseils de la CNIL

 

En cas de recours à des outils (ressources pédagogiques, messageries, applications…) d’acteurs privés, il est indispensable de privilégier ceux qui se conforment aux règles de protection des données.

https://www.educavox.fr/formation/outils/outils-de-la-continuite-pedagogique-les-conseils-de-la-cnil

Vers la fin du confinement ? Beaucoup de questions en suspens

 

On peut se poser cette question : Qu’est-ce que l’on aurait fait sans numérique ?

Jacques Puyou : https://www.educavox.fr/accueil/debats/qu-est-ce-que-l-on-aurait-fait-sans-numerique

Et maintenant… qu’allons-nous faire ?

 

Jacques Cool : Une situation nouvelle demande qu’on cesse de tenter de répéter ce qui ne fonctionnera plus. Il faut consacrer les prochaines semaines et les prochains mois à préparer la rentrée 2020-2021 d’une école qui fonctionnera de façon tout à fait différente. Un modèle hybride qui comportera de l’enseignement à distance et aussi à l’occasion de l’enseignement en classe. Il faut également que l’école se recentre sur les apprentissages essentiels. Il faut cesser d’attendre et préparer l’avenir au lieu de le subir.

https://www.educavox.fr/innovation/didactique/et-maintenant-qu-allons-nous-faire

Nos systèmes d’éducation sauront-ils profiter de l’arrêt causé par la crise sanitaire mondiale qui a bouleversé le quotidien scolaire, se transformeront-ils ?

 

Scolariser, instruire, éduquer : Des écoles en transition

Ninon-Louise LePage : https://www.educavox.fr/innovation/dispositifs/scolariser-instruire-eduquer-des-ecoles-en-transition

Quelle continuité pédagogique dans d’autres régions du monde ?

 

Après la crise, une relative stabilisation

 

Louis Derrac : Il y a eu les formidables dynamiques de partages entre enseignants, sur les réseaux sociaux (des groupes Facebook, des comptes Twitter), les blogs et par le biais des collectifs d’enseignants. La mobilisation des acteurs publics et privés. Les conseils aux parents paniqués qui se sont multipliés. Et les choses se sont, toutes proportions gardées, stabilisées.

https://www.educavox.fr/alaune/revue-de-presse-internationale-sur-la-continuite-pedagogique-2

Les injonctions selon les pays :

https://louisderrac.com/2020/04/29/les-injonctions-de-la-continuite-pedagogique-selon-les-pays/

Le changement est en chacun de nous !

 

Nous nous trouvons toutes et tous coupé(e)s du monde, et devons réinventer au quotidien une vie intérieure pour supporter cette crise sanitaire. C'est peut-être là le début de la sagesse. Deviendrons-nous alors des Sapiens-Sapiens, des Humains sages qui comprendront enfin que les grandes mutations à venir commencent par cette prise de conscience.

Si nous n'effectuons pas ce basculement intérieur, nous continuerons à reproduire les mêmes erreurs.

Bien sûr, nous avions toutes et tous confusément conscience que le monde d'avant courait à sa perte, mais nous ne savions pas comment arrêter cette machine devenue folle. Le virus nous a amenés malgré nous à reconsidérer nos existences.

Patrick Figeac : https://www.educavox.fr/chroniques-de-figeac/le-changement-est-en-chacun-de-nous

Michelle Laurissergues

Les sélections du mois


Société

Ressources



Organisation et système D, un écosystème en marche accélérée


Nos sélections

Jeux et activités

Collège

École maternelle

Jeux,  films, manipulations, calcul mental... C'est ici !

 

Lycée

Élémentaire

Site ressources



Organisation et système D, un écosystème en marche accélérée


Il s'agit bien de tout un ensemble d'acteurs éducatifs qui se mobilise ! Organisation, créativité, mutualisations  et système D se côtoient. Ce que révèlent nos systèmes,  ce sont les inégalités criantes, et à tous les niveaux. Entre tous ceux qui se mobilisent pour pallier au mieux aux problèmes qui se posent, entre tous ceux qui profitent de la situation pour rebaptiser au plus vite leurs solutions comme LA solution à la distance, le surplus d' informations ne risque -t-il pas actuellement de rajouter au confinement physique une isolation totale et une inacceptation de solutions qui méritent qu'on s'y attarde ?

 

Il sera très certainement très intéressant de voir comment cet écosystème en marche accélérée peut impacter les changements futurs.

 

Parents, enfants, responsables institutionnels et enseignants : adaptation, créativité, mutualisation !

 

Lorsque le 12 mars, le Président de la République a décidé la fermeture des établissements scolaires, enseignant(e)s, chefs d'établissement, corps d'inspection ont immédiatement pris la mesure de l'urgence d'une telle situation.

Confronté(e)s au caractère inédit qu'entraînait le confinement des élèves, elles ils se sont adapté(e)s pour assurer la continuité pédagogique avec, souvent, des outils nouveaux, inhabituels. Mais, elles, ils, étaient là, présent(e)s parce qu'elles ils avaient conscience de leur responsabilité et de leur rôle. Démontrant que l'école est plus que jamais un pilier puissant de notre vie collective ; un bien commun à protéger, le plus précieux, surtout pour celles et ceux qui n'ont rien d'autre pour “grandir”. Patrick Figeac

C’est ainsi que chacun agit. Il s’adapte, il crée, il organise, il cherche, il mutualise…

Ces paroles d’élèves en témoignent

 

Jacques Puyou : https://www.educavox.fr/accueil/interviews/paroles-d-eleves-confines

 

Pour cette enseignante, plus de confiance, plus de transparence…

 

Les enseignants ont besoin des parents pour relayer le travail auprès des enfants et les accompagner au mieux ; les parents ont à leur tour besoin des enseignants au quotidien pour les guider dans leur nouveau rôle « d’enseignant accompagnateur ». Un sacré challenge que chacun relève de son mieux dans un respect mutuel. Cela renforce ainsi les relations entre l’enseignant et les parents et nous en avions tous besoin.

 

Ainsi, à distance, la communication est la même pour tous et à nous de trouver les bons outils, le bon dosage dans la diffusion du travail (ni trop peu, ni trop). Tenons compte des obligations de chacun et accompagnons chaque famille dans cette période difficile.

 

Prenons soin de nos élèves mais ne nous oublions pas….

 

Notre conscience professionnelle peut parfois nous rendre excessif ; apprenons à décrocher de notre écran et de notre messagerie. 

Sylvie Storti : https://www.educavox.fr/innovation/dispositifs/plus-proches-et-pourtant-chacun-chez-soi

Un virus inégalitaire

 

Maintenant que l’on essaie de faire sans école, on sait que ce lieu commun est faux : tout juste peut-on dire qu’elle ne les comble pas autant qu’on le voudrait et qu’il le faudrait. Avec « l’école à la maison », pas le dispositif du CNED éponyme, mais la réalité vécue par 12 millions d’élèves ou étudiants et leurs familles ce sont toutes sortes d’inégalités qui se font jour. 

 

Matérielles d’abord : quels sont les enfants qui disposent d’un ordinateur et d’un espace pour pouvoir s’isoler ? Quelles sont les familles qui disposent d’une connexion internet correcte, de forfaits suffisants ?

 

Culturelles ensuite : quels sont les enfants qui peuvent bénéficier dans leur entourage d’une aide méthodologique et pédagogique ?

 

Sociales enfin (au sens de sociabilisation de l’élève) : quels sont les jeunes qui sont suffisamment motivés, autonomes et investis dans leur parcours scolaire pour rentrer pleinement dans ces dispositifs qui les responsabilisent fortement…pas ceux qui avaient déjà tendance au décrochage sûrement.

Jacques Puyou : https://www.educavox.fr/accueil/debats/un-virus-inegalitaire

Évènements annulés, et semaine de la presse à l’école…A la maison

 

Les rencontres, les formations en présentiel s'annulent et certains événements sont convertis en échanges à distance. Il en est ainsi de la semaine la presse à l'école.

 

L’information est centrale, nous le voyons bien. Et la presse peut monter qu’elle est indispensable.

 

La diffusion d’information est un continuum du lien social. Il informe mais aussi il renseigne, met en contact les gens (donateurs, associations) entre eux, donne des indications pratiques, relaie les conseils, et ainsi facilite le quotidien des lecteurs.

 

Cette passerelle entre l’univers scolaire et celui des médias est à mes yeux très importante. Ce doit être un moment de grande transparence pour la presse, sans sujet tabou, dans lequel le ou les intervenants, à côté des professeurs, doivent puiser dans leur expérience, s’appuyant sur des exemples concrets, pour montrer la nécessité d’être bien informé mais aussi les ravages que peut engendrer une mauvaise information.

Marcel Desvergne : https://www.educavox.fr/accueil/interviews/la-presse-peut-montrer-qu-elle-est-indispensable

Aucune pédagogie ne résiste à l’absence de groupe, d’école, d’échanges entre adultes et élèves ou étudiants.

 

Comment dès lors assurer une telle continuité pédagogique si l’on s’en tient à ce seul objectif « pédagogique » qui est nécessairement lié à l’école, celle-ci étant désormais inaccessible ?

 

Des efforts remarquables sont faits par l’institution pour assurer la « continuité pédagogique », le ministère de l’Éducation nationale et les académies, proposent des ressources (y compris la nouvelle mise à disposition de l’opération « Nation apprenante » ou « Ma classe à la maison »), des liens, des conseils à l’adresse des parents et des activités pour les enfants.

 

Mais entre l’école et la maison il manque un lien que les enseignants s’efforcent de maintenir avec les faibles moyens numériques (le plus souvent personnels, qu’ils passent ou non ensuite par un ENT – Espace numérique de travail) dont ils disposent et que les parents s’évertuent à reconstruire en des efforts surhumains et parfois désespérés, tant il est vrai que l’on ne s’improvise pas enseignant, car la pédagogie est un vrai métier.

Michel Pérez : https://www.educavox.fr/accueil/debats/a-l-heure-du-covid-19-passons-de-la-continuite-pedagogique-a-la-continuite-educative

Heurs et malheurs de la continuité pédagogique à la française

 

Pas beaucoup d’innovation donc dans la manière de penser l’école, alors que les conditions auraient pu inviter à l’imagination et à la créativité institutionnelle. D’autre part, plusieurs arguments font douter du bien-fondé de cette démarche et, malheureusement de son efficacité, même s’il n’est pas permis le moindre doute sur l’engagement des services de l’État ni de celui des enseignants qui font et feront « au mieux » pour la mise en œuvre de ce plan de continuité pédagogique.

Jean-François Cerisier : https://www.educavox.fr/formation/analyse/covid-19-heurs-et-malheurs-de-la-continuite-pedagogique-a-la-francaise

L’espace-temps est très important pour ne pas devenir fou et tenir sur la durée 

Quel est votre temps disponible pour l’école à la maison ? Est-ce qu’il y a un espace « configuré » pour apprendre ? 

Question fondamentale : et alors comment s’organise, planifier…Durer ?

 

Jennifer Elbaz : https://www.educavox.fr/formation/les-ressources/temps-disponible-et-espaces-pour-apprendre

Comment accompagner l’élève dans son autonomie, comment maintenir son engagement sur du long terme ?

 

Il s’agit bien d’autonomie des élèves puisque l’apprentissage à distance sollicite de nouvelles formes d’interaction avec les contenus proposés et les tâches associées.

 

Cela pose la question de la liberté de se connecter ou pas pour les apprenants. Les ressources proposées par le CNED « Ma classe à la maison » offre la possibilité d’accéder à tout moment depuis chez soi à la plateforme.  La question du quand ? et comment ? se pose dans ce contexte pour maintenir la motivation et donc l’engagement des élèves. Il faut l’aider à s’organiser en proposant un planning d’activité, il faut maintenir les rituels de la classe malgré la distance.

 

Cela nécessite une réflexion à la suite de celle de André Tricot sur la formation des enseignants. Ce serait de mon point de vue, la priorité actuelle, à mener avec les inspecteurs. Comment aider les enseignants à proposer des cours à distance qui soient les plus « efficaces » possible ?

Sabrina Caliaros : https://www.educavox.fr/alaune/sabrina-caliaros-comment-accompagner-l-eleve-dans-son-autonomie-comment-maintenir-son-engagement-sur-du-long-terme

Accompagner par la mutualisation la continuité éducative en cette période de crise

 

Patrick Figeac : Les parents ne sont pas des enseignants et n'ont pas vocation à le devenir. Confondre les rôles serait le meilleur moyen d'installer une ambiguïté, source de malentendus voire de conflits contre-productifs en période d'anxiété généralisée.

 

Les conseils qui fleurissent en ce moment peuvent davantage culpabiliser les mères et les pères débordés que les aider à se faire confiance et à compter sur leur bon sens et leur panoplie de compétences.

 

Prenons donc la situation inédite que nous traversons comme une occasion peut être unique et inoubliable d'entrer autrement en relation avec nos enfants. Lisons, jouons, regardons des films, dessinons, discutons, bricolons rêvons ensemble.

 

Tout est prétexte à apprendre les uns avec les autres

 

La connaissance augmente en se partageant. Soyons humbles ! Nos imperfections sont la condition de nos progrès et nos progrès la preuve que nous ne serons jamais parfaits ! Calmons le jeu ! Décélérons ! Car notre monde est fini, et c'est collectivement que nous sommes confiné(e)s.  Sur une poussière d'étoile et pour un bon moment !

Patrick Figeac : https://www.educavox.fr/chroniques-de-figeac/l-ecole-a-la-maison

Partager l'expérience

 

Pendant cette période les acteurs éducatifs vont apprendre à se connaitre, à comprendre les différents métiers, les différents rôles. Nous vous proposons là un recueil de chroniques d'un formateur-animateur en usages innovants.

Jean-François Cauche : https://www.educavox.fr/accueil/breves/tranches-de-vie-un-peu-de-lecture-pendant-le-confinement

Des ressources à partager aussi en famille

 

Nous avons choisi à l'An@é de collecter des ressources qui privilégient le plaisir de jouer ou de découvrir ensemble. D’un plaisir partagé nait une culture commune.

 

Ce site est loin d’être exhaustif mais il contient de très nombreuses pistes, les références institutionnelles, l’école à la maison avec France Télévisions et Lumni, des actualités, des jeux qui favorisent l’autonomie de la maternelle au lycée Il peut aussi pour ceux qui le souhaitent permettre de comprendre et d’utiliser des techniques numériques.

 

Il continuera à s’enrichir. Faites-nous part de vos trouvailles !

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