L’ACTUALITÉ

La lettre d'informations du 15 janvier 2020

Le retour de l’humain : une blague ?

Après le tout techno voici le tout humain…comme si la techno était indissociable des choix humains…La question n’est que politique, qu’une affaire de choix…à condition effectivement que nous sachions vers quelle société nous allons. Des choix sociétaux, des choix économiques, des choix d’accompagnement des gens dans les mutations de tous ordres qui adviennent aujourd’hui, sont au cœur des débats.  

 

Un exemple de choix de société : Reconnaissance faciale : la science, sans la fiction

Présente dans les aéroports ou les stades, sur nos téléphones et un jour peut-être dans certains magasins, la reconnaissance faciale est aujourd’hui au cœur des débats. Entre crainte et fantasme, que permet vraiment cette technologie ?

https://www.educavox.fr/formation/les-ressources/des-langues-et-des-visages

Société : désir et désobéissance à l’ère numérique

Exploitant notre désir sans fin d’avoir accès à tout, tout le temps, les géants d’Internet dressent un portrait de notre propre intimité, collectent des millions de données sur nos activités, nos centres d’intérêt et nos relations, tandis que les agences de renseignement les croisent aux milliards de communications qu’elles enregistrent chaque jour. Nous continuons cependant, et malgré notre connaissance de l’instrumentalisation de ces données, de publier nos photos de familles, nos humeurs et nos pensées. Nous donnons en caisse, en même temps que notre carte bleue, nos adresses email et postale. D’où vient le sentiment de fatalité à l’égard de cette transgression du public et du privé ?

https://www.educavox.fr/formation/les-ressources/la-societe-d-exposition-desir-et-desobeissance-a-l-ere-numerique

Être enseignant : quel acteur public ?

Être acteur public et enseignant, dans la société de ce début de 21ème siècle, n’est- ce pas avoir la volonté de faire mentir la prévision d’Yves Stourdzé sur « l’expulsion de l’humain », n’est-ce pas avoir la volonté de faire triompher « le vivre ensemble pour accueillir une humanité élargie » de Jean-Marie Besnier.

Mais cette volonté peut-elle être mise en œuvre si les éducateurs et avec eux les enseignants ne sont pas reconnus comme des acteurs publics qui prennent en compte la société dans son ensemble ?

Il y a cinquante ans, en ayant conscience de la diversification des influences éducatives, des sociétés de concurrence et des relations entre l’humain et le technique, Jacques Wittwer écrivait : « Demain, l’éducation sera bien une gigantesque entreprise de dialogues entre générations.

Les éducateurs en seront les intermédiaires privilégiés. C’est à dire que leur sujétion à des autorités elles-mêmes trop souvent soumises et dont la compétence est rarement indiscutable devra être révisée de manière à ce qu’ils deviennent dans la cité pleinement adultes et responsables. 

https://www.educavox.fr/alaune/etre-un-enseignant-dans-la-cite

Le temps : résister, ou céder aux accélérations ?

Certes, les progrès techniques poussent les humains à oublier ce besoin essentiel de faire les choses à son rythme, de prendre SON temps.

Ce qui est étrange, c’est que cela ne joue pas sur grand-chose : c’est parfois quelques minutes qui permettent que l’on se sente en phase avec soi-même et pas comme une boule de flipper ballottée par la vie.

Faire les choses à son rythme c’est un grand confort que nous nous refusons et refusons aux autres. Les enfants ont besoin de laisser leur imaginaire flotter, réagir aux provocations de la vie. Entendre tout le temps " dépêche-toi ", " on n’a pas le temps " etc. est une souffrance qui freine le développement. "

https://www.educavox.fr/accueil/interviews/prendre-le-temps-valeur-essentielle-pour-les-enfants

Cultures, école et humanisme : Taamusi Qumaq

Taamusi Qumaq est né en 1914 dans un iglou, sur l’île de Niqsiturlik, dans la Baie d’Hudson, au nord de Inukjuak. Il a été nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec pour son exceptionnelle contribution à la défense et la protection de la langue et la culture inuite. Il n’est jamais allé à l’école et ne parlait que l’inuktitut.

J'ai chassé de tout, partout : phoque, caribou, renard. J'adore l'omble arctique. J'aime l'oie des neiges, mais elles sont aujourd'hui plus futées qu'autrefois. Aujourd'hui et depuis longtemps, mon stylo est mon outil. J'aime écrire, cela fait partie intégrante de ma vie. Peut-on lire dans son autobiographie traduite en français : Je veux que les Inuits soient libres de nouveau, publiée aux Presses de l’université du Québec.

Taamusi Qumaq est important à plusieurs égards.  Il est également l’auteur de l’encyclopédie du savoir inuit : Sivulitta Piusituqangit, malheureusement pas encore traduite en français ainsi que de l’unique dictionnaire de définitions en inuktitut existant : Inuit Uqausillaringit. Par son travail, il a su maintenir et enrichir les connaissances de sa langue maternelle, l’inuktitut, source de fierté et porteur d’une longue histoire plurimillénaire comme l’écrit Louis de Goujon Matignon (2019) et qui est maintenant enseignée dès le primaire dans les écoles du Nunavik.

https://www.educavox.fr/accueil/breves/taamusi-qumaq-l-oeuvre-d-un-homme-et-la-fierte-d-un-peuple

Les plateformes, la dématérialisation des services publics :

Les plateformes permettent aujourd’hui la gestion des services, l’accès aux informations, l’expression citoyenne.

Parcoursup

Le 22 janvier 2020 est la date d'ouverture de la deuxième étape du calendrier de Parcoursup. Venant après une première étape « d’information et découverte des formations », cette deuxième phase est celle au cours de laquelle les candidats à l'admission en première année de l'enseignement supérieur doivent s'inscrire, formuler leurs vœux et finaliser leurs diverses candidatures.

https://www.educavox.fr/accueil/debats/parcoursup-on-entre-dans-le-vif-du-sujet

De nombreux espaces éducatifs, des ressources, lieux de médiation et sites en ligne :

Des ressources : https://www.educavox.fr/formation/les-ressources

Des outils : https://www.educavox.fr/formation/outils

Des ressources : Accès aux articles

Société connectée : Accès aux articles

Pour de nombreuses populations, les accompagnements sont indispensables.

(Réf à l’article d’Alain Jeannel : Jacques-François Marchandeau aborde les liens entre les différents domaines de la technologie, de  l’économie, du pôle société avec le dispositif socio technique en inter relation avec les usages et les pratiques et  évoque ainsi l’ambivalence entre « ascenseur social et renforcement des inégalités » et le paradoxe sur le numérique comme « facilitateur de la création de relations mais aussi d’éloignement lié aux difficultés de l’usage »

 

Dans l’enquête effectuée par le CREDOC : « Cette année, l’objectif a été d’interroger la population sur l’impact du numérique sur leur vie personnelle et professionnelle et sur la société en général. Il en ressort que malgré quelques inquiétudes localisées, notamment sur l’environnement, les Français apprécient plutôt l’influence des technologies du numérique sur les différents aspects de leur quotidien. Avoir accès à internet est une condition perçue comme de plus en plus souvent nécessaire pour se sentir intégré dans la société. A titre d’illustration, le rôle du numérique dans l’évolution des relations entre les citoyens et leurs administrations publiques est perçu comme essentiel par la population.

Internet et les technologies du numérique font également évoluer les relations entre l’administration publique et les citoyens, avec la possibilité (voire l’obligation) de réaliser de plus en plus de démarches en ligne : parmi les 434 services en ligne listées sur le site Service-Public.fr3, on retrouve notamment les services de l’administration fiscale, les aides sociales, les demandes de permis de conduire, etc.

 

Pour communiquer avec les administrations et faire valoir leurs droits, se pose alors la question de la capacité des individus à utiliser les outils informatiques et numériques.

Les réseaux humains augmentés par les réseaux numériques, ressources, outils, ateliers, sont indissociables et permettent de partager, de comprendre, d’apprendre, de co-construire, de mettre en œuvre, d’évaluer, d’avancer dans ce monde en transitions !

 

Substituer l’un par l’autre et vice-versa serait une erreur historique, chacun le sait.

 

Alors le retour à l’humain ? On est bien dans des choix humains, toujours, et le technologique c’est forcément du politique c’est-à-dire des choix de société.

Michelle Laurissergues

A l'Agenda !


22/01 : Eidos 2020 : Tous différents, tous à l’école ?

04/02 : 21ème édition du Label Territoires, Villes et Villages Internet

La citoyenneté numérique pour tous L’urgence d’une nouvelle compétence pour les collectivités

Pour une citoyenneté active sans désinformation, des élèves à l’heure de l’innovation, des citoyens maîtres de leurs données, des agents innovateurs formés, des élus garants du projet de la ville de demain sans exclusion par le numérique
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La lettre d'informations du 3 janvier 2020

Les clés d'aujourd'hui : Anticipation, données, gouvernance, inclusion, éthique, territoires et robotique

Quels sont les contenus plébiscités sur Educavox en 2019 ? Robotique, cobotique, territoires, inclusion, éthique, données, anticipation, gouvernance, Education aux Médias (Educnum en est un exemple marquant). Les clés de demain par Joël de Rosnay reste notre boussole...Le temps social et temps scolaire sont liés par des pratiques culturelles numériques.  Educavox confirme son identité à travers vos choix et vos lectures.

Il est certain qu’à l’heure où l’on parle de participation citoyenne augmentée, de Civic tech, d’open data et de ville intelligente, l’éducation au numérique du plus grand nombre doit être un objectif prioritaire car elle est garante d’une politique inclusive : tous les citoyens et toutes les citoyennes, y compris et surtout les plus éloigné(e)s du numérique, doivent comprendre les enjeux du numérique s’ils veulent participer à la vie de la cité. »

Le temps social et le temps scolaire sont liés par les pratique sociales et culturelles numériques.

Le numérique, dans les approches éducatives des acteurs de la société, est-il facteur d’inclusion ?

 

Le numérique fait partie des mythes inhérents à chaque nouveauté, il a offert comme à chaque technique nouvelle, l’espoir qu’il pourrait être une solution à nos problèmes dont les problèmes de l’école. Permet-il une meilleure inclusion dans la société ? La société permet-elle une meilleure inclusion dans le monde numérique ?

Les acteurs de la société sont tous concernés et  même confrontés au numérique. Ils sont contraints de se poser des questions, de développer des approches éducatives, du moins informatives, de changer de stratégie pour ne pas exclure ni s’exclure.

Le numérique est un amplificateur à tout point de vue : des bénéfices comme des aspects négatifs.

L’inclusion sociale et économique implique que toute la population soit associée à l’effort d’apprentissage continu exigé par l’évolution permanente des technologies de l’information.

Une rencontre Agir pour l’inclusion numérique, « rencontres professionnelles de la solidarité numérique de Bordeaux » a eu lieu le 28 août 2019 :

Parmi les orientations proposées, nous pouvons citer : l’importance de développer un usage quotidien du numérique, de lutter contre plusieurs formes d’isolement, la réduction des situations de « non accès », la simplification et l’homogénéisation  des langages techniques et administratifs, des procédures de la navigation et de l’iconographie, les actions pour éviter que les personnes ne s’isolent dans une seule interaction avec les réseaux dématérialisés, la recherche de locaux d’accueil disponibles  auprès des institutions et des collectivités locales, la conception d’un écosystème avec le numérique, une cartographie qui permette à chacun de savoir où il doit s’adresser qu’il soit un opérateur ou une personne en difficulté. De nombreuses pistes pour faciliter l’inclusion !

 

Pour autant, les technologies avancent à une vitesse vertigineuse.

A peine avons-nous maitrisé une technique qu’en apparaissent d’autres toujours plus complexes et anxiogènes. Photo numérique, recherches sur Internet, envoi de mels, création et échanges sur des réseaux sociaux, jeux vidéo et achats en ligne, utilisation du GPS…tout ceci semblait facilement accessible.

Mais voilà qu’avec des logiciels et applications nouvelles, certes, on est moins perdu, on a accès à l’info immédiatement quand on en a besoin, on utilise les applis qui nous aident dans de nombreuses situations, on peut avoir accès aux services …Mais on peut aussi être hacké, perdre ses données, on peut être cyberharcelé, suivi, fiché, car avec la géo localisation, il s’agit de captation de données, le fameux Big Data, d’algorithmes et d’Intelligence Artificielle qui permet tout cela aussi…

(Kate Crawford Chercheuse, professeur à l’université de New York, spécialiste de l’étude des implications sociales des systèmes techniques et notamment des effets du Big Data, des algorithmes et de l’Intelligence artificielle) « Nous sommes confrontés à des systèmes techniques d’une puissance sans précédent, qui impactent très rapidement tous les secteurs, de l’éducation à la santé, de l’économie à la justice… Et la transformation en cours est concomitante à la montée de l’autoritarisme et du populisme », ajoute-t-elle !

 

Peut-être, en effet, que le monde ne relève plus des idéologies qui simplifiaient la lecture des relations sociales culturelles et politiques. Nous sommes plongés dans un écosystème anxiogène ! Nous sommes en perte de repères, nous perdons notre illusion de la maitrise, les savoirs encyclopédiques sont de moindre utilité…, les savoirs nécessaires à la vie d’aujourd’hui sont différents…D’ailleurs que devons-nous savoir ? Nous sommes en perte de confiance, car les nouvelles fausses et les manipulations peuvent être partout, les réseaux nous semblent obscurs et peu fiables. C’est la remise en cause des pouvoirs sur lesquels nous avons fondé notre société : pouvoir d’enseigner, pourvoir d’informer, pouvoir de soigner, pouvoir de gouverner…

 

C’est quoi donc, l’Intelligence Artificielle ? C’est à la fois une technologie, une pratique sociale et une infrastructure industrielle

 

Il s’agit de différentes technologies, qui ont beaucoup évolué ces dernières années. Le mot « intelligence » est un piège, notamment parce que l’intelligence artificielle ne fonctionne pas du tout comme la cognition humaine.

Mais surtout, n’est pas qu’une technique. « C’est aussi une pratique sociale qui nécessite de comprendre qui travaille sur ces systèmes, quelles données sont utilisées, comment sont-elles classées…  

Enfin, l’IA, c’est également une industrie particulièrement imbriquée et complexe. Voyons, par exemple ce qu’implique l’usage de la commande vocale Amazon Echo. Derrière l’appareil, nous sommes confrontés à un système de calcul planétaire qui a des impacts nombreux en termes de ressources, de données, de travail… l’IA est aussi une infrastructure industrielle particulièrement concentrée. À chaque fois que nous demandons l’heure à Alexa, nous activons un système en termes de matériaux, de données, de travail… qui a des impacts sociaux, environnementaux, économiques et politiques cachés. 

Et cependant l’IA est aussi comme le suggère Joël De Rosnay une intelligence auxiliaire à qui on peut confier les tâches que nous ne savons pas faire…Mais nous devons garder le pouvoir de décision, et développer, nous les humains, tout ce que la machine ne sait pas faire ... les relations humaines, affectives, celles qui permettent l’inclusion de chacun. Celle d’enseigner par exemple car apprendre se construit dans les relations aux savoirs en interaction avec les autres. »

De grandes innovations sont attendues via le traitement des données en éducation, notamment par l’exploitation des traces numériques d’apprentissage générées par l’utilisation des outils (modélisation des pratiques pour créer un profil individuel par exemple). S’il est clair que la valorisation des données permet des avancées majeures, il est tout aussi indispensable que ces données soient protégées, car ce sont des données personnelles :  identité numérique, performance scolaire, sécurité… Cependant, le cadre proposé est-il aujourd’hui suffisant pour entraîner la confiance des acteurs du système éducatif et de la société ?

 

Entre les valeurs de l’école et leurs principes de mise en œuvre, notre système scolaire est parcouru par de multiples contradictions qui, chacune isolément et a fortiori prises ensemble, compromettent gravement les pratiques autant que les décisions éducatives : inclusion scolaire ou logique d’excellence, égalitarisme formel ou « discrimination positive », laïcité ouverte ou unité républicaine, école pour tous ou méritocratie, autonomie des équipes et des établissements ou universalisme du service public… Ces conflits, divers et tous essentiels, appellent alors à examiner dans son ensemble une éthique scolaire aujourd’hui menacée par autant d’incohérences factuelles, autant de dilemmes qui ne se disent pas au grand jour. Ils invitent enfin à construire une nouvelle théorie du contrat éducatif susceptible de les comprendre et de les dépasser. »(Jean-Christophe Torres)

 

Quels sont les enjeux des techniques numériques dans l’éducation ?

 

Les techniques numériques peuvent apporter des outils de communication, d’échanges, de visualisation, de réalité virtuelle, elles permettent d’accéder à tout contenu, à partager des projets, à co-construire des apprentissages…à écrire, à lire, à créer, à produire, à s’enregistrer à avoir accès à des contenus authentiques pour les langues vivantes par exemple, à jouer à des jeux vidéo…Elles permettent la classe inversée, la twictée, les maths en réseaux, elles développent l’autonomie, changent l’évaluation… L’Intelligence Artificielle peut permettre de personnaliser les approches, d’individualiser…

 

Le numérique apparaît désormais comme un environnement et non comme addition d'outils. Les outils n’apprendront rien de la culture numérique, des données et de leur utilisation, des comportements nouveaux qui se développent par l’usage de ces outils et techniques. Ces outils ont engendré des formes nouvelles de s’informer, de faire, de penser, d’apprendre et d’être en relation avec les autres.

Les pratiques changent. C'est une nouvelle façon d'être en société. (Jean-François Cerisier) " La culture numérique c'est notre culture. Elle n'est que notre culture à tous, celle d'ici et maintenant, telle qu’elle a évolué avec la disponibilité permanente des techniques numériques. "

L'éducation aux médias et à l'information s'inscrit donc désormais pleinement dans les défis du numérique. L’esprit critique est ou doit être enseigné de la maternelle jusqu’à l’université…Créer, collaborer, coopérer, chercher… sont les fondements de l’utilisation raisonnée du numérique.(Jean-Marc Merriaux)

Mettre en débat permanent l’utilisation des téléphones portables, les temps passés devant les écrans, ne modifie en rien les comportements…Être citoyen à l'ère de la mise en données numériques des sociétés, signifie réaliser un parcours allant des données aux informations, des informations au savoir, du savoir à la culture... Le rôle de l'école est de donner du sens, de prendre de la distance en travaillant sur la longue durée.

Ainsi par exemple la découverte du potentiel du smartphone en classe permet le travail en groupe, le questionnement des bonnes pratiques et de l'étiquette numérique. Les élèves peuvent alors être amenés à poster sur les chaines twitter, YouTube ou Instagram du collège en fonction des travaux demandés par les professeurs.

Droits à l'image, composition et mise en scène, sens du message, adéquation au format.... Tout en pratiquant, l'enseignant éduque au bon usage.

 

Il est indispensable que les données soient protégées, car ce sont des données personnelles :  identité numérique, performance scolaire, sécurité… Une stricte observation des règles éthiques dans le traitement de ces données est attendue de la part de l’institution scolaire, notamment par la mise en œuvre du RGPD (Règlement général sur la protection des données). Il est désormais évident que ces données sont une source inépuisable de profits pour l’économie et qu’il y a donc matière à précautions afin d’éviter leur marchandisation via des éditeurs, des entreprises de services numériques, des moteurs de recherches ou des plateformes d’échanges. L’éducation ne saurait être au service de l’économie numérique même si elle doit prendre en compte cette dimension.

 

La politique éducative doit pouvoir être mise en œuvre uniformément et gratuitement pour l’usager dans l’univers scolaire afin que personne ne soit laissé sur le bord du chemin en raison d’un accès inégal aux réseaux ou à une culture numérique insuffisante.

Dans ce domaine, les collectivités territoriales sont questionnées aux côtés des chefs d’établissements et des enseignants, car au quotidien la conduite d’une éducation numérique se heurte à de nombreuses difficultés matérielles et organisationnelles.

A supposer que soient résolues toutes les questions liées à la mise en œuvre technique d’une pédagogie par et au numérique - ce qui est loin d’être le cas dans tous les territoires - nous devons nous interroger sur la nature de l’éducation que nous voulons proposer aux élèves et à leurs familles. Pratiquer une certaine sobriété numérique apparait aujourd'hui tout aussi essentiel...une diététique numérique...une diététique informationnelle...(en référence à Joël De Rosnay)

 

Les pratiques informationnelles, l'ouverture des données, l'Intelligence Augmentée imposent une éthique.

 

Le numérique éducatif éthique et responsable, c’est avant tout une référence à des valeurs.

 

C’est toujours et encore, en toile de fond, avec les valeurs d’égalité de liberté et de fraternité dans un monde désormais connecté qu’il convient de réinventer le monde éducatif. Recréer la confiance numérique, impliquer les parents, tous les acteurs éducatifs, éviter les discours anxiogènes et rechercher les équilibres, ne pas négliger le vecteur des jeunes eux-mêmes.  Co construire des approches éducatives nouvelles avec tous les acteurs en responsabilité. Avoir enfin une conscience culturelle, politique et éthique de la société que nous voulons et vivre ensemble dans le cadre d'une humanité élargie...

 

Tous nos vœux pour 2020 !

Michelle Laurissergues

Quelques sélections


Prospective

Société et numérique


La lettre d'informations du 15 décembre

Tout faux avec le numérique ?

À chaque fois que nous demandons l’heure à Alexa, nous activons un système en termes de matériaux, de données, de travail… qui a des impacts sociaux, environnementaux, économiques et politiques cachés. (Kate Crawford Chercheuse, professeur à l’université de New York) Avec l’Intelligence artificielle, nous sommes confrontés à un système de calcul planétaire qui a des impacts nombreux en termes de ressources, de données, de travail…Aurions-nous tout faux ?

 

Scandale à la Macropole : l’Intelligence Artificielle peut-elle décider des affaires publiques ?

 

La salle du Conseil Régional transformé en tribunal était comble, le public découvrait une réelle implication des universitaires et chercheurs de Bordeaux pour sensibiliser un large public à la compréhension de l’expression IA, remise en cause par Luc Julia[1] pour éviter de croire « qu’il y avait une sorte d’équivalence entre cette technologie (IA) et l’intelligence (humaine) [2]», et à saisir la place qu’elle peut occuper dans la décision des affaires publiques, dans le cas de ce spectacle.

https://www.educavox.fr/accueil/reportages/scandale-a-la-macropole

Sobriété numérique ?

 

Si vous pensez qu’écologiquement parlant, utiliser un manuel numérique est plus propre que de se servir d’un manuel papier…vous avez tout faux !

 

Si vous pensez qu’écologiquement parlant, regarder une vidéo sur votre smart phone est plus propre que de se planter devant la télévision…vous avez tout faux !

 

Si vous pensez qu’écologiquement parlant, utiliser sa boite mail est plus propre qu’utiliser sa boite aux lettres …vous avez encore tout faux !

 

Associée pendant longtemps à la transformation numérique de notre société, l’idée d’une « révolution écologique » liée à la dématérialisation des données semble avoir fait long feu.

https://www.educavox.fr/accueil/reportages/sobriete-numerique

Avec le mathématicien Jacques Sainte-Marie, directeur scientifique adjoint sur les questions d'environnement et développement durable à l'Inria, et le philosophe Fabrice Flipo (Institut Mines-Telecom, Laboratoire de Changement Social et Politique à l'université de Paris).

https://www.educavox.fr/accueil/debats/la-sobriete-numerique-est-elle-ineluctable

Les Civic tech bousculent la démocratie ?

 

Le 9 décembre, au Palais d’Iéna, dans l’hémicycle du Conseil Economique, Social et Environnemental, la CNIL avait réuni un panel d’experts, à la fois acteurs et analystes de l’univers numérique toujours plus présent et agissant dans tous les domaines de notre vie : vie privée, vie professionnelle, vie des institutions, vie citoyenne, vie politique … Il s’agissait de cerner la nature de ce que l’on appelle les Civic tech (technologie civique en français) pour en évaluer l’impact sur l’exercice de la citoyenneté.

 

On part du postulat que les gens ont envie de participer. En fait on a pensé des dispositifs destinés à trouver des nouvelles formes de légitimité, puis on s’est mis à la recherche du public : Le constat est que pour participer, les gens doivent savoir qu’ils vont pouvoir influencer et avoir une action sur la décision. Il faut faire en sorte que la participation soit utile.

 

L’un des freins est l'illectronisme qui touche entre 12 % et 40% e la population, car à travers les Civic tech on n'adresse la parole qu'a cette partie de la population qui maîtrise les outils. Si on donne la priorité aux Civic tech on risque de se couper de la moitié de la population.

 

Si l’on constate que, la plupart du temps, les gens ne viennent qu'une fois sur les plateformes (« on les perd très vite ») il faut se demander pourquoi. Qu'est-ce qui limite l’accès ? L’authentification forte réduit la participation. D’autre part, le contenu est parfois laborieux et le jargon n'est pas adapté au public.

 

S’il est évident que le numérique rend la participation plus facile relativement aux temps et aux lieux, il faut aussi questionner la capacité à capter l'attention. Sans oublier le problème des trolleurs qui polluent le débat sur les plateformes.

https://www.educavox.fr/alaune/les-civic-tech-bousculent-elles-vraiment-la-democratie

Et dans l'éducation, on a tout faux aussi ?

 

Si les questions posées par le numérique révèlent toute la complexité de son écosystème, il y a de grands pas riches de sens et d’innovations. Ils offrent de l’envie, du travail, de la responsabilité :  empreints de principe de réalité, alliant le travail en partage, les collaborations, de nouvelles consciences citoyennes, chaque secteur est source d’innovation et transforme peu à peu le système éducatif. Quelques exemples ?

 

Ainsi la twictée en appui sur le microblogage, repose sur une correspondance scolaire entre classes situées aux quatre coins de la francophonie et dans laquelle, au travail sur la langue, s’articule éducation aux média, littératie numérique, e-Citoyenneté et cyber-courtoisie.

https://www.educavox.fr/accueil/interviews/muriel-meillier-experimenter-s-adapter-evoluer

Avec le jeu vidéo, William Brou a poussé les murs de sa salle de classe pour porter son message relatif à l’Histoire en jeux. Il réussit à réhabiliter la parole du professeur face à des objets culturels globalisés omniprésents.

https://www.educavox.fr/accueil/interviews/l-histoire-en-jeux-video

Des salles de formation de nouvelle génération fleurissent partout, avec elles des démarches de transformations. Une envie de refaire le monde éclos dans des labs (fab lab, living lab, learning lab), des ateliers et des espaces de co-working s’installent au pied de chez soi.

 

Outre le bonheur de gagner du temps sur les transports, de faire un geste pour la planète en limitant ses rejets de carbone, chacun a en plus l’opportunité de rencontrer des personnes avec des centres d’intérêt différents du sien et de fertiliser des idées nouvelles. Les pédagogues connaissaient bien les bénéfices des apprentissages informels captés comme fonction dérivée d’autres activités, ils découvrent et s’efforcent de systématiser les rencontres étonnantes et d’en faire un nouveau levier de motivation d’apprentissage et pourquoi pas d’innovation ? Tout le monde n’est pas passé au télétravail loin s’en faut mais la direction est donnée.

 

De nombreuses formations sont conçues comme des compositions de formation action, d’événementiels et d’apprentissage en situation de travail. Les règles d’engagement qui prévalent glissent du « pouvoir sur » (je vous autorise à partir en formation) vers un « pouvoir de » (prendre des initiatives partout pour résoudre les problèmes de la complexité de mon job). L’apprentissage en situation de travail procède plus d’un état d’esprit que peuvent cultiver les directions formation que seulement de temps alloué. C’est toute la différence entre regarder et voir. Au lieu de capter l’attention d’apprenant captif, il s’agit de susciter leur intention. Cela se passe en proximité des situations de travail, des équipes que l’on réclame apprenante et d’installation d’ambiance de soutien plutôt que de contrôle.

https://www.educavox.fr/innovation/dispositifs/apprendre-en-proximite-du-territoire-c-est-l-avenir

Natacha Hansen est professeur d’anglais au lycée Camille Sée de Colmar (68), dans l’académie de Strasbourg. Elle a mené plus de 30 projets eTwinning jusqu’à ce jour dans ce lycée qui fait partie des 96 établissements français récompensés par le label eTwinning School depuis 2018.

 

Ce projet « Eu(U)rotopia », a été mené pendant 6 mois avec des élèves français, italiens, turcs et polonais. Gage de sa qualité, il a obtenu non seulement le label de qualité national, mais aussi le prix spécial « participation démocratique » du concours national eTwinning 2019.

 

Dans le cadre de l’année européenne sur la « participation démocratique », Natacha a souhaité faire réfléchir ses élèves sur les politiques nationales actuelles dans des domaines différents et variés tels que l'environnement, l’éducation, l'égalité entre les sexes, la promotion de la culture, le numérique, l'inclusion des minorités, l’emploi, ou encore l'aide sociale...

https://www.educavox.fr/formation/pratiques/eu-u-rotopia

En fait, nous n'avons rien de faux. On ajuste, on cherche. De nombreux secteurs innovent. L’éducation aussi : dispositifs, contenus, approches par projets, par jeux, formations, espaces scolaires...  Elle est prise dans un tumulte informationnel contradictoire. Refusant les approches socio-techniques, devant l’urgence de la prise en compte des défis actuels, environnementaux, migratoires, économiques et politiques, ne peut - elle pas  faire évoluer durablement la société ?

 

 

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